Cette année, Le Pari d’Art vous propose un focus sur la céramique, un des plus anciens savoir-faire de l’humanité qui n’a cessé de se réinventer, au travers d’un cycle de conférences d’histoire de l’art et d’une exposition.
L’exposition « Y’a pas le feu au lac ! » met en lumière quatre jeunes artistes diplômés de l’École Supérieure d’Art et de Design de Tarbes : Marine Bedel, Sasha Calonne, Claire Duplessy et Elias Hanselman.
Artistes plasticiens pluridisciplinaires, ils accordent à la céramique une place particulière dans leur pratique. De l’attention portée aux objets et environnements du quotidien à des préoccupations plus profondes sur l’avenir, leurs univers sensibles portent un regard éclairé et conscient sur le monde qui nous entoure.
Les possibilités innombrables qu’offre la céramique leur permet, à la manière d’explorateurs, de mélanger techniques traditionnelles et expérimentations. Ils s’affranchissent de l’objet céramique classique pour donner une autre dimension à ce matériau : installations et mises en espace, détournement d’objets manufacturés, hybridation avec d’autres médiums et reprises de techniques dérivées de la céramique comme le moulage.
Certaines pièces cassées, brûlées ou noyées dans l’engobe nous renseignent sur une fragilité et un processus de création qui deviennent narratifs. Que racontent les pièces ? Qu’ont-elles traversé ?
L’exposition « Y’a pas le feu au lac » vous invite à observer la céramique – cette alchimie entre la terre, l’eau et le feu – comme une matière vivante et en constante métamorphose
⇒ Ne manquez pas le vernissage, le Mercredi 10 juin à partir de 19h

Marine BEDEL : Marine Bedel développe une démarche située à la frange de l’expérimentation, où la photographie et la céramique se rencontrent pour donner naissance à des installations et des mises en espace. Elle explore les champs de la photographie documentaire et de l’archive. La céramique comme médium sculptural lui permet d’envisager le moulage d’une pensée, de traduire plastiquement des problématiques de diverses natures. Elle pratique une poésie du hasard, comme dans les « Sténopavés » – cubes de céramique dont l’intérieur est enduit d’une émulsion argentique rendant toute surface photosensible – qui renferment une photographie cachée ne pouvant être révélée que par la destruction du pavé.

Sasha CALONNE : Fascinée par la mémoire des lieux, ces réservoirs d’émotions et d’histoires qui s’accumulent au fil des ans, Sasha Calonne traque les vestiges du passé, les fissures dans les murs, les marques sur le sol, les ombres laissées par des objets depuis longtemps disparus. Dans chacune de ses œuvres, elle cherche à rendre hommage à la beauté fragile de la vie, à la richesse de l’histoire qui réside dans chaque fissure et chaque imperfection. Sa pratique artistique est une exploration profonde de la patine du temps, une quête pour capturer l’âme des lieux domestiques qui ont été témoins de vies passées et où elle s’engage dans un dialogue intime avec les espaces et les objets abandonnés, ruines silencieuses qui portent encore les cicatrices de leur histoire

Claire DUPLESSY : Claire Duplessy explore la sculpture multi-matériaux et la céramique hybridée avec du plastique. Elle s’intéresse à des phénomènes géologiques tels que le volcanisme, à l’exploration spatiale et aux exoplanètes. Ses recherches l’ont notamment amenée à écrire une fiction racontant une conquête interstellaire sur des planètes inhospitalières pour l’être humain, ce qui inspire ses sculptures et installations qui évoquent un nouveau paysage. Les matériaux qu’elle utilise sont autant artificiels (qualifiés de déchets ou polluants) que naturels (issus de strates géologiques). Ses pièces en céramique chargées d’émaux, suggèrent des roches en pleine formation, appartenant à une forme de réalité différente – entre anthropocène et planète extraterrestre – mais étroitement en lien avec la nôtre.

Elias Hanselmann : Le travail d’Elias Hanselmann comporte différents axes de recherche plastique qui passent par des explorations autour de l’image, de la lumière et des surfaces sensibles. Au-delà de l’image fixe, il s’intéresse à son support transitoire et fluide que sont la lumière et l’espace entre l’objet regardé et le regard, l’image perçue étant le résultat de ces trois variables (objet, lumière, œil). Au sein de ces surfaces – qu’elles résultent d’un bas-relief de plâtre, voire d’un modelage en ronde bosse sous la forme de sculptures à regarder avec les doigts – tout circule de façon complexe, labyrinthique, avec quelques enclaves. Entre rupture et continuité. Comme avec la pièce « Politesses » qui devient un objet à explorer par le toucher, invitant le public à saisir les objets et à en éprouver les disparités